L’arthroplastie par prothèse totale de hanche (PTH) est l’une des interventions chirurgicales les plus couramment pratiquées en France. Les évolutions des pratiques chirurgicales ces dernières décennies, ainsi que des avancées technologiques et techniques (matériaux, design/ xation des implants, couple de frottement, etc.), ont permis d’améliorer les résultats fonctionnels et leur durabilité. Des voies d’abord mini-invasives se développent ainsi depuis une quinzaine d’années avec pour objectif de limiter l’agression chirurgicale en réduisant les dégâts anatomiques.

La voie antérieure sans table orthopédique est l’une des dernières mises au point L’ensemble des muscles et de leur innervation, et la quasi-totalité de la capsule articulaire sont ainsi préservés.
Les avantages de cette technique sont multiples: récupération fonctionnelle plus rapide avec des durées d’hospitalisation et un délai avant reprise d’activité plus courts,
diminution du risque de luxation.
L’opération s’effectue uniquement à l’aide d’écarteurs et d’un positionnement spécifique des membres inférieurs (position du 4) du patient installé en décubitus dorsal.
Les deux membres inférieurs sont inclus dans le champ opératoire sur une table d’opération ordinaire sans cales ou appareil de traction.
Cela apporte un meilleur confort au patient durant l’intervention et un contrôle direct des longueurs des membres inférieurs plus facile et sûrement plus fiable que celui réalisé en décubitus latéral ou lors de l’utilisation d’un appareil de traction.
Enfin plus accessoirement, l’abord antérieur autorise la réalisation d’incision longitudinale raccourcie qui offre un bénéfice esthétique à la zone du « Bikini ».
Les complications restent les mêmes que celles des autres techniques (infection, luxation descellement, fracture, complications thromboemboliques…) avec toutefois un risque diminué pour certaines d’entre elles (luxation notamment).
Seule l’atteinte du nerf cutané latéral de la cuisse, nerf purement sensitif a pu être décrite du fait de sa proximité de l’incision.

À qui s’adresse cette technique ?
Elle peut être réalisée chez la majorité des patients pour lesquels une indication d’arthroplastie de première intention a été retenue pour coxarthrose primaire ou secondaire, ostéonécrose de la tête fémorale ou fracture du col fémoral. Seuls un vice architectural majeur, une obésité sévère ou la présence de matériel (plaque, vis) à retirer dans le même temps opératoire constituent des contre-indications et amèneront faire préférer une technique « classique ».